22/12/2017

Le café rencontre a accueilli Claude Rouge



Claude Rouge est intervenu à l’invitation du café rencontre, le 5 décembre 2017.
Il a abordé plusieurs points de réflexion, à partir de son expérience du réseau citoyen du Pin :

1-      Préférer le concept de « citoyenneté active » à celui de « démocratie participative »
Le 2ème étant trop souvent utilisé comme faire valoir = on sait déjà un peu où on veut aller et on fait participer les gens en les amenant dans la direction qui nous intéresse.
Le 1er nécessite que les personnes aient envie de participer et cherche à développer de nouvelles pratiques afin que chaque citoyen soit acteur dans un cadre collectif avec des valeurs et une éthique affirmées.

2-      Le réseau citoyen du Pin
Il a été créé au moment du référendum sur la poste. L’origine des participants est syndicale, communale, associative.
Il y avait un questionnement sur la légitimité du pouvoir : questionnement sur des décisions prises alors que la population ne s’était jamais prononcée sur un sujet. Par exemple, le  problème de la fermeture de la poste n’avait pas été abordé dans les programmes électoraux  des personnes élues.
La stratégie a été celle de l’action = produire une alternative. Pour ce faire, il faut réunir les compétences. En recrutant dans la population, on arrive à un niveau de compétence supérieur à celui d’une équipe municipale.
Bilan : une expérience humaine, une dimension éducation populaire, la création de lien social, on s’aperçoit que plein de gens acceptent de participer = il y a une envie de participer aux décisions.

3-      La légitimité du pouvoir
Il y a une évolution historique sur le mode d’exercice du pouvoir : Dieu / démocratie représentative / dictature…
De nos jours, le niveau de formation et l’accès à l’information augmentent. La gouvernance doit évoluer en tenant compte de cela.

4-      La participation des citoyens
Attention, il faut savoir déléguer car on ne peut pas participer à tout. Cela nécessite un mode de gouvernance particulier, à inventer !  Il y a une dimension politique à cette réflexion. Celle-ci doit se démarquer du populisme et de l’idée de démocratie participative. Le populisme consiste à faire appel au peuple en faisant appel aux pulsions pour arriver à notre objectif, ce qui s’apparente à de la  manipulation. La démocratie participative (voir point 1) = demande juste de participer.

5-      L’enquête
C’est un outil à développer,  apportant de l’information  de qualité et un espace de réflexion.
Quand on propose une consultation, très peu de personne refusent. On peut consulter sur un projet ou pour recenser des besoins.
Cela nécessite d’établir un lien humain : bannir internet car pas de lien + peu de retour + peu représentatif
Prévoir 20 enquêteurs + un comité de suivi. 3 Conditions de réussite :
-          Question doit être centrée sur le sujet
-          information doit être équilibrée
-          Consulter tous les foyers et  faire émarger des participants
Il faut donner de l’information  aux gens, leur laisser le temps de la réflexion, créer un espace de débat
La consultation permet:
-          de peser sur les décisions
-          de créer du lien humain via les réunions publiques et via les enquêteurs
-          de faire de l’éducation populaire
-          de construire de la citoyenneté active
-          de créer un espace de débat

Partis de 3 enquêteurs au début, ils sont maintenant nombreux => citoyen actif ça se construit dans l’action.
Les enquêtes atteignent 80% de participation, mais une enquête en prenant un foyer sur trois aléatoirement donne le même résultat.
La légitimité de l’enquête vient naturellement du taux de participation + de  l’équilibre des argumentaires + de la transparence sur la démarche et ce que chacun est.

Nous remercions Claude Rouge pour son intervention, qui a permis une réflexion riche dont on pourrait  s’inspirer pour développer une dynamique citoyenne à Roche.

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