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27/11/2019

Couleurs FM à Roche


L'émission Sur les chemins du Nord Isère de Couleurs FM concernant Roche sera  diffusée sur l'antenne (97.1) le vendredi 22 novembre à 11h00, le samedi 30 à novembre 10h00, le dimanche 8 décembre à 9h00 et le lundi 9 décembre à 11h00.

 Toutes les émissions déjà réalisées sont disponibles à tout moment du jour et de la nuit sur internet. Pour Roche, elle est disponible sur le site à partir de ce jour.



25/04/2018

les centrales villageoises des collines isèroises


Avez- vous entendu parler des Centrales Villageoises ?    

Les Centrales Villageoises sont des sociétés locales qui ont pour but de développer les énergies renouvelables sur un territoire en associant citoyens, collectivités et entreprises locales. Les projets qui sont développés respectent le paysage et le patrimoine, sont d'une exigence professionnelle et génèrent des retombées économiques locales. 

Dans notre secteur, des citoyens  et des élus se mobilisent  pour créer une société locale : les  Centrales Villageoises des Collines Iséroises, afin de produire de l’électricité en installant des panneaux photo- voltaïques sur des toitures privées et publiques et la revendre  sur le réseau ENEDIS.    

 La toute première centrale villageoise photo-voltaïque s’est montée dans la commune des Haies près de Condrieu en 2014 et ça marche ! Avec 8 toitures équipées sur 500m², elle produit l’électricité de l’équivalent de 30 foyers. Il y a maintenant 31 Centrales Villageoises dont 7 en Isère.  Dans le secteur de Bourgoin, la centrale NID’énergie est en phase d’installation des panneaux.

Avec les Centrales Villageoises,  chacun peut devenir acteur de la transition énergétique  sur son territoire. Comment ?
-      en louant sa toiture
-      en participant  au montage de la société locale et du projet photo-voltaïque   
-      en prenant une ou plusieurs actions

Vous pourrez sans engagement de votre part venir nous rencontrer lors des réunions du groupe projet ; pour plus de renseignements, voir le site des Centrales Villageoises  www.centralesvillageoises.fr avec notamment une foire aux questions très détaillées. 

A Roche, vous pouvez contacter Georges Jomard pour plus de renseignements.

03/10/2015

Projets de l'association "citoyen(ne)s à Roche"

Bonjour à tous,

L'association "Citoyen(ne)s à Roche" a engagé la réflexion sur deux projets pour notre village: l'installation d'une épicerie dépannage - circuits courts- vrac... et le jumelage du village.
 
Comme annoncé lors du forum des associations, deux rendez-vous sont fixés pour les groupes de travail:
mercredi 7 octobre à 20h30 la salle de la Fontaine  pour le projet "Epicerie"
lundi 12 octobre à 20h30 à la salle de la Fontaine pour le projet "jumelage".

Ces deux projets d'actions concrètes pour améliorer le "vivre ensemble" dans notre village peuvent vous intéresser... n'hésitez pas à rejoindre les groupes, les idées de tous sont nécessaires pour faire aboutir ces projets.

23/01/2012

Compte rendu de la soirée Film / débat sur l'argriculture

Voici un compte rendu des échanges pris au vol lors de notre soirée film / débat sur l'agriculture du 18 novembre 2011 (voir message précédent à ce sujet) :

60 personnes présentes.

Martin Gormally introduit la soirée en remerciant les agriculteurs présents, et rappelle le sens de la démarche : notre groupe (groupe citoyen de Roche) a lancé un blog qui a pour objectif de lancer des débats sur les questions qui concernent la commune.

Ce soir le débat porte sur l’agriculture, et vise à faire échanger les agriculteurs et autres citoyens sur l’avenir de l’agriculture. Il annonce l’attention qui sera portée au respect de toutes les pratiques, et de toutes les idées.

Quelle légitimité à parler d’agriculture ? Nous sommes à la fois citoyens et consomm’acteurs.
En tant que consommateurs, nous avons un droit de regard sur ce que nous mangeons notamment.
En tant que citoyen rochois depuis 30 ans, Martin a bien perçu le recul de l’activité agricole sur la commune.

Les habitants de Roche sont très attachés au caractère rural de la commune. Mais que fait-on réellement pour la pérennité de l’activité agricole à Roche ?

Martin rappelle toutes les expériences existantes de lien entre agriculteurs et consommateurs pour un maintien de l’activité agricole : AMAP, Terre de Liens.

On parle beaucoup de crise en ce moment ; les périodes de crise sont souvent à l’origine de mutations, de débats.

Présentation du film : « cultivons la terre », produit par le réseau OGM infos.
L’information sur les OGM sert de toile de fond à la présentation faite par des agriculteurs de la région Rhône Alpes sur leurs pratiques, et par des chercheurs sur les questions en lien avec l’agriculture.
La soirée est organisée en deux temps pour visionner le film, avec une coupure au milieu pour le débat.

Première partie du film.
Débat :
Un intervenant parle de la catastrophe du coton OGM au Burkina Fasso.

La culutre bio est très faible en France (6%) et n’arrive pas à décoller, parce qu’on n’y croit pas. En 2008, rapport de l’ONU sur cette question, de nombreuses expériences ont démontré que si les agriculteurs sont soutenus (notamment dans les pays où la faim existe), ils sont capables de multiplier par 80 %  leurs rendements. Le directeur du FAO a émis des doutes sur ces rapports. Même à ce niveau, il y a du scepticisme par rapport à ces techniques culturales.

Au niveau de l’AMAP de Villefontaine, un agriculteur a opéré cette conversion, qui prend du temps (2 à 3 ans). Les AMAP, la restauration collective, sont des projets qui permettent des évolutions.

La ferme de Malatrait confirme que le seul soutien vient des clients, mais pas d’une volonté politique.

Odile pose la question de l’avenir, face à ce constat au Burkina Fasso.
Dans ces pays, des paysans sont en réaction au système dominant. Des ONG de type « terre humanisme » les accompagne, vers d’autres types de productions. La technique du panier existe au Sénégal. Au Burkina, c’est un pays à part, où les stratégies de manipulation ont bien fonctionné, et la capacité des paysans dans ce pays à réagir va s’exprimer. Il ne faut pas désespérer.

Pierre Alain parle d’un exemple au Niger, où les touaregs se sont investis dans la culture biologique, dont ils retiennent qu’ils peuvent faire mieux, sans s’être endettés pour acheter des insecticides, et pesticides. Témoignage d’une résistance qui permet également la survie.

En Rhône Alpes, ces 10 dernières années, 30% des fermes, surtout les petites, ont disparu.
Monsieur de Terre de Liens :  il y a un modèle dominant qui fait que l’agriculture disparait, mais le sol également. Pour manger, il y a besoin de terres au départ, et il y a besoin de croiser les regards entre consommateurs, agriculteurs, techniciens. il y a un engouement au niveau des citoyens qui revendiquent d’avoir leur mot à dire, pour faire revivre l’idée qu’on a besoin de sols.

Deuxième partie du film.
Martin exprime ses interrogations sur le séchoir solaire de foin. En fait aération du foin à l’intérieur des granges, le foin n’est pas tassé.

Peu d’agriculteurs présents à cette réunion. Fernand Saunier pense que seuls les consommateurs peuvent faire changer les choses.

Carole Chateaudon, chargée de mission agriculture à la mairie de Bourgoin : exemple de l’acquisition d’une ferme et d’un terrain agricole pour développer une exploitation maraichère sur Bourgoin.

Mr Terre de liens fait état d’exemples où les élus sont complètement engagés dans des projets innovants. Le mouvement Terre de Liens propose des outils, à disposition des acteurs. À Roche, il n’y a pas de projet particulier, mais il y a déjà une réflexion, qui forcément va essaimer. Difficulté du côté des agriculteurs qui ne sont pas formés à l’agriculture bio.

Philippe Allagnat transforme son lait et vend ses produits sur place.

Fernand Saunier pense qu’on n’écoute pas les agriculteurs.
La question de l’absence d’agriculteurs de Roche pourrait nous déprimer, mais il faut rester optimistes, et trouver d’autres voies pour discuter avec eux.

Mr. Chatain évoque ses études d’agriculture. Il est surpris par le discours que porte le film sur les labours. Il évoque le comice agricole, où il faudrait supprimer les concours de labours ! Est-ce que des agriculteurs ont proposé cette suppression ?
Le concours de labour a été promu pour faire évoluer les pratiques agricoles après guerre. Aujourd’hui c’est en général porté par les jeunes. Si l’on s’intéresse au non labour, livre « le sol, la terre et les champs ».
Sur le livre de Claude Bourguignon, l’aspect pratique manque et ne permet pas la mise en œuvre pratique.

Malatrait soulève à nouveau le problème de la représentation syndicale agricole, avec le monopole d’un syndicat.

Nouvelle forme d’OGM : le mutagène. C’est le cas pour le tournesol, qui permet de produire l’huile.
Adjoint au maire de Four : projet d’atlas de la biodiversité, pour permettre aux agriculteurs et aux autres habitants de se rencontrer. Lundi 21 novembre, 20h30, mairie de Four.

Martin conclut la soirée, en suggérant qu’on ait un peu plus d’imagination, pour essayer de rencontrer les agriculteurs, et entendre ce qu’ils ont d’intéressant à dire. Dans les discussions individuelles, on sent un grand découragement  de la part des agriculteurs.

06/11/2011

A propos du film "CULTIVONS LA TERRE"

... qui sera projeté lors de la soirée débat du 18/11 à 20h30 salle d'animation de Roche ...

Crise climatique, crise sociale, crise écologique, crise financière, crise économique, crise énergétique....... on peut continuer à énumérer les crises que nous connaissons aujourd'hui, et que chacun expérimente dans sa vie de tous les jours. Toutes ces crises signalent que nous sommes à la fin d'un cycle, nous sommes arrivés au bout d'une certaine forme de 'dévéloppement'. En même temps, nous voyons apparaître partout de nouvelles pratiques, de nouvelles façons de se déplacer, de se chauffer, d'habiter, de manger etc. Nous sommes au coeur d'une mutation profonde de notre civilisation.

Il n'est donc pas surprenant que l'agriculture aussi soit en crise. Première activité économique humaine, toutes les filières ont été traversées ces derniers temps par des difficultés sans précédent, provoquées par l'essouflement d'un modèle agricole. Il est apparu, en même temps, parmi les agriculteurs un renouvellement des pratiques culturales, une autre approche de la nature, et l'exigence d'un nouveau rapport de l'agriculteur à la société.

Le film que nous allons regarder ensemble le 18 novembre a été produit par l'association Rés'OGM Info, en collaboration avec ADDOCS (Association pour la diffusion de documentaires scientifiques), et financé par la Région Rhône-Alpes. L'Association Rés'OGM Info, implantée en Rhône-Alpes, se donne comme objectif de diffuser une information indépendante sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle s'adresse au grand public, et plus particulièrement aux paysans qui ne disposent souvent que d'informations "incomplètes ou manipulées". Pour en savoir plus sur cette association vous pouvez lire (en cliquant ici et ) deux articles parus dans le mensuel 'L'Age de Faire" de ce mois de décembre.

Le film nous raconte comment sont fabriqués les OGM, et à quelles utilisations ils sont destinées. Mais cette 'histoire' ne sert qu'à mettre en valeur une autre approche de la nature, tentée par des paysans rhône-alpins. Nous visitons des fermes, et écoutons des agriculteurs, soutenus par des scientifiques, nous expliquer comment ils reprennent les trésors du savoir-faire paysan pour inventer une autre agriculture durable et de qualité. "Les OGM on n'en a pas besoin" disent-ils.

Ils défendent "une revalorisation des pratiques agricoles oubliées. Revalorisation, car il s'agit non pas de revenir à l'agriculture de nos grands-parents, mais, à l'aide d'une recherche publique renforcée, d'améliorer ces pratiques: lutte biologique, sélection participative, analyse micro-biologique des sols etc"........ et "la recherche de l'autonomie". (Info'OGM).

Ce film a été sélectionné par le jury de la Rencontre Internationale du Docummentaire de Montreal (Canada), en novembre 2008, et au Festival Pariscience.

01/11/2011

Une nouvelle rencontre pour parler d'agriculture

LE 18 NOVEMBRE 2011
À 20H30
SALLE DE L'ARCHE
à ROCHE

Moi je suis consommateur ….
Moi je suis agriculteur…
Moi je suis élu local….
Moi je suis citoyen…..

« CULTIVONS LA TERRE... »

C’est le film que nous vous proposons de visionner ensemble, dans la continuité de la réunion agriculture de l’an dernier, où nous avions évoqué les perspectives pour l’agriculture à Roche.

Deux modèles s’offrent à nous : continuer dans la même direction, en reproduisant les mêmes schémas techniques, ou explorer de nouvelles voies.

Celles-ci ne s’appuient-t-elles pas sur les savoirs ancestraux des paysans, en les adaptant aux contraintes modernes?

Comprenons-les, discutons-en, sans dogme ni chapelle, échangeons une nouvelle fois entre professionnels de l’agriculture et citoyens de tous bords pour une agriculture durable.

Ce film, soutenu par la Région Rhône-Alpes, donne la parole à des agriculteurs régionaux, qui livrent leur vision et dialoguent avec des chercheurs...

Pour nous contacter : debat.citoyen.roche.38@gmail.com
M. Gormally 04.74.92.73.31

25/03/2011

L'Agriculture Ailleurs


Un partenaire du CCFD-Terre solidaire venant du Niger témoigne
au Centre œcuménique à Villefontaine
Mardi 29 Mars 2011 à 20 h

MOORIBEN (=la misère est finie) est une fédération de groupements d’associations de paysans qui valorise l’agriculture.

Nassourou MOUSSA, ingénieur agronome et membre de MOORIBEN, vient témoigner à Villefontaine lors d’une soirée.

Il nous expliquera le contexte, les projets et les réalisations que cette organisation a mis en place pour lutter contre le problème principal de la malnutrition mais aussi il nous parlera des sujets suivants :
- l’accès à la terre pour les femmes,
- l’accès aux semences, aux engrais…
- le financement des projets agricoles,
- la défense des paysans et de leurs droits
- l’isolement de certains villages et l’accès à l’information
- l’accès à la santé et à l’éducation,
- la place des femmes
- la maitrise de la fécondité…
Certains sujets sont aussi d’actualités chez nous, prenons en de la graine !
Venez nombreux assister à ce moment privilégié d’échange et de rencontre autour de thèmes qui nous concernent tous.
Amicalement

19/12/2010

REUNION DU 5 NOVEMBRE 2010 SUR L'AGRICULTURE: Synthèse

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvés à la Salle d’Animation de Roche (gracieusement prêtée par la Commune). Parmi eux il y avait 6 intervenants venus d’ailleurs : 2 agriculteurs retraités qui ont cédé leurs exploitations à leurs fils, et qui représentaient deux mouvements du monde agricole : l’un Terre de Liens, et l’autre le Ceipal. Il y avait également 2 agriculteurs en activité : un producteur de viande bovine et ovine de Maubec, qui commercialise sa viande par un magasin collectif à Bourgoin, et qui est également le président du Comité Technique du Territoire Isère Portes des Alpes, et une agricultrice maraîchère en Bio, de Saint Georges d’Espéranche (le Jacqueron), où ils sont 4 d’une même famille (dont un paysan boulanger) à produire et à vendre en directe depuis l’exploitation (38ha) légumes, pain et farine. Ils organisent chaque semaine, avec un réseau de producteurs locaux, la vente de paniers d’autres produits : viande de bœuf et de porc, œufs, volailles, fromages, fruits, miel etc. Deux citoyens consommateurs, représentants d’une AMAP de Villefontaine complétaient, avec un membre du collectif organisateur, le « panel » des intervenants.

Nous avons choisi ces intervenants d’abord parce que ce sont des amis et connaissances, et parce qu’ils (elles) sont engagé(e)s dans des voies alternatives diverses. Il n’était pas question dans nos esprits de dire « voilà ce qu’il faut faire », car nous sommes conscients que les territoires et les systèmes d’exploitation sont trop complexes pour pouvoir reproduire partout le même modèle. Et puis tout le monde n’est pas appelé, ni désire pratiquer une seule forme d’agriculture. D’autre part, les témoignages de certains intervenants ont démontré que les « alternatives » ne sont pas sans difficultés. Néanmoins, la commune de Roche se trouve proche, du fait de l’implantation de la Ville Nouvelle, de centres urbains, où il y a une population qui cherche à manger des aliments sains, et à s’approvisionner localement. La taille relativement modeste des exploitations Rochoises serait plutôt bien adaptée à répondre à ce type de demande.

Notre objectif était d’ouvrir un débat avec les agriculteurs de Roche sur l’avenir de leur activité dans la commune ; la situation des exploitations Rochoises, et notamment les éleveurs de vaches laitières, est extrêmement difficile. L’agriculture a toujours été l’activité économique principale de la commune, et la disparition progressive des troupeaux de vaches laitières, et avec elles les agriculteurs à plein temps, affaiblit son « caractère rural ». La commune risque de devenir commune résidentielle, voire commune ‘dortoir’.

Nous n’avons pas réussi à faire déplacer les agriculteurs en activité, mais trois agriculteurs retraités de la commune étaient présents. Leur présence et leur participation au débat nous encourage à penser que les questions que nous posons sont d’actualité, et qu’il est urgent de développer un travail de réflexion avec le monde agricole, en vue de faire des propositions pour le maintien d’une agriculture diversifiée, et des agriculteurs à plein temps dans la commune. Dans la salle il y avait au moins deux autres agriculteurs, des habitants de Roche et les communes environnantes.

Nous avons organisé la réunion avec trois temps distincts : la situation de l’agriculture, les causes des difficultés, les perspectives d’avenir. Cette organisation nous a permis de passer en revue toutes les questions, et en même temps d’instaurer un échange entre les intervenants et la salle tout au long de la soirée, sans avoir à attendre la fin d’interventions « trop longues ». Ici nous allons tenter de faire un résumé de ces débats, sans entrer dans le détail. D’ici quelques jours, vous trouverez sur le blog un compte-rendu complet de la réunion : le contenu des interventions et du débat avec la salle.

L’agriculture Rochoise, comme toute l’agriculture française, a été l’objet de politiques nationales et européennes visant l’augmentation de la productivité : produire plus, devenir plus gros. Ces politiques, appelées « productivistes », poussaient à se spécialiser ; d’un côté les éleveurs, de l’autre les cultivateurs. On a abandonné la sagesse de l’agriculture traditionnelle en élevage/polyculture ; comme le disait un intervenant : « la vache est l’animal qui fertilise la terre ». Les cultivateurs sans animaux doivent acheter des engrais chez l’industrie chimique, et les éleveurs sont amenés à acheter des protéines végétales (le soja). Il y a une perte d’autonomie : en amont on dépend de multinationales chimiques et semencières, en aval de l’agro-business de la collecte et de la transformation.

Les multinationales de la distribution réclament des prix de plus en plus bas, soi-disant au nom du consommateur. La part de l’alimentation dans les dépenses des ménages en 1960 était de 26%, en 2009 de 13%. En amont les prix des produits chimiques et des aliments du bétail augmentent constamment à cause de l’augmentation du prix de l’énergie (pétrole) dépensée à les produire et à les transporter. L’agriculteur est étranglé, car il est amené à vendre ses productions en dessous du prix de revient. Les subventions européennes ne compensent pas la baisse des prix agricoles, et de toute façon ces subventions vont surtout aux ‘gros’.


Il faut être compétitif, et dans cette compétition, seuls les plus gros survivent. Dans le domaine du foncier, lors que des terres deviennent vacantes, en général les grosses exploitations ‘récupèrent’ tout, car elles sont seules à avoir une capacité d’investissement. Il n’y a pas de la place pour la petite exploitation dans ce système. Les exploitations Rochoises ont une taille moyenne entre 20 et 50 hectares (statistiques DDA) et se trouvent dans une situation que certains agriculteurs qualifient de catastrophique. Seule une des exploitations laitières répond aux normes actuelles. Il y a un signe qui ne trompe pas : peu de jeunes veulent reprendre les exploitations à plein temps. Avec des animaux vous travaillez 7 jours sur 7, 365 jours par an, entre 50 et 60 heures par semaine, et en plus vous ne gagnez pas le SMIC. On ne peut rien leur reprocher ! Est-il possible de contrer ces évolutions ?

Le consommateur de son côté est de plus en plus insatisfait des produits alimentaires que l'on lui propose dans la grande distribution. Les fruits et légumes manquent de goût, ont subi trop de traitements, et ont voyagé trop loin; les plats cuisinés sont de mauvaise qualité nutritionnelle, contiennent trop de sucres, de sel, de colorants ou de conservateurs.Un nombre important de consommateurs cherchent à s'approvisionner en légumes, fruits, viandes, oeufs, fromages, volailles etc. auprès de producteurs locaux. Ils cherchent à nouer des relations de confiance avec les agriculteurs avec qui ils passent des contrats (Les AMAP). Est-il possible de faire rencontrer une demande locale des consommateurs et l’agriculture Rochoise qui n’est pas du tout tourné vers cette demande ? Est-ce que cette voie là constitue une solution pour retrouver une agriculture vivante et capable d’attirer des jeunes ?

Quelques pistes ont été suggérées pendant la soirée, pour que les exploitations redeviennent autonomes, et dégagent de la plus-value, seul moyen de les rendre rentables :

  • D’abord, le travail en commun ; créer des collectifs de travail (style GAEC) qui permettent de prendre des week-ends et des vacances à tour de rôle. Créer des CUMA pour partager les investissements en machines ; un jeune agriculteur avance l’opinion (audacieuse !) que l’on n’a pas besoin chacun de ‘son’ tracteur. Se réunir ensemble avec la collectivité et les citoyens pour décider de la répartition de terres devenues vacantes. Faire ensemble avec ses voisins des gros travaux dans les champs. Résister ensemble aux tentatives de faire baisser les prix.
  • Revenir à l’élevage/polyculture pour réduire ses dépenses en amont (moins ou pas d’engrais). Composter. Cultiver des légumineuses pour produire ses propres protéines végétales, et fixer l’azote de l’air dans le sol. Travailler ses prés.
  • Réduire sa dépendance en aval en passant à la vente directe.

    Un agriculteur Rochois présent dans la salle a conclu les débats de la soirée en confirmant la situation difficile de l’agriculture à Roche, et en exprimant l’opinion que les choses ne pourront évoluer que très lentement. Et que peut-être le changement viendrait de jeunes extérieurs de la commune.

    Les débats ont continué bien après minuit d’une manière informelle autour d’un verre de l’amitié.


04/11/2010

De Quoi Je Me Mêle?

Qu'est-ce qui peut bien motiver des citoyens 'ordinaire' à se mêler d'agriculture? Le monde agricole est fortement structuré, comme ne l'est peut-être aucun autre métier en France. Il est gouverné par un ministère spécifique, avec des antennes départementales - les Directions Départementales de l'Agriculture (DDA), - une agence d'état pour la régulation des questions du foncier (les SAFER); il existe une Chambre Syndicale par département, et les agriculteurs possèdent un puissant mouvement syndical (le NFSEA). Les différentes productions sont organisées en filières complexes pour assurer la production, la collecte, la transformation, et la distribution depuis l'agriculteur jusqu'aux consommateurs. Si on rajoute à cela les institutions de la Politique Agricole Commune (la PAC), nous sommes en présence d'une énorme machine, face à laquelle le citoyen se sent bien démuni.


Le petit groupe de citoyens Rochois qui ont pris l'initiative de lancer ce débat entre agriculteurs, citoyens/consommateurs et élus observent depuis quelques années le lent déclin de l'agriculture dans la commune: des départs à la retraite non remplacés ou remplacés par un fils en double activité, ce qui signifie que l'exploitation ne permet plus d'en vivre. Du moins les jeunes ne souhaitent pas vivre les difficultés de leurs parents. Cela entraîne la disparition progressive des élevages de vaches laitières à la faveur de la culture des céréales, et la perte en conséquence de la diversité. D'autres départs à la retraite sont en perspective dans les années qui arrivent. La crise très sévère que l'agriculture traverse depuis deux ou trois ans ne fait qu'accentuer tout cela.


Nous souhaitons tout d'abord dire aux agriculteurs que nous en sommes conscients de tout cela, et pensons que la commune perdrait son caractère rural si par malheur l'activité agricole soit réduite à une activité économique annexe ou vienne tout simplement à disparaître. Comme nous sommes attachés au caractère rural de la commune, nous sommes aussi attachés à la présence d'une activité agricole vivante, qui permet d'en vivre, et à des voisins agriculteurs qui sont heureux de faire leur métier. Nous sommes prêts et disposés à travailler avec eux sur l'avenir, sachant que rien n'est simple, que nous ne détenons pas la réponse, et que l'avenir dépend entièrement d'eux.


Pourquoi maintenant? d'abord à cause de la gravité de la crise. Et puis depuis dix, à quinze ans le citoyen consommateur s'intéresse de très près à ce qu'il mange, et à ceux qui le produisent. A travers des échanges avec des agriculteurs, les citoyens/consommateurs se sont dotés d'un certain nombre d'outils institutionnels qui leur permettent d'apporter un réel soutien au-delà des bonnes paroles. Ils se sentent 'justifiés' à apporter leur pierre à l'édifice. Nous avons déjà parlé des AMAP, je voudrais terminer cette série avec quelques mots sur le mouvement Terre de Liens.

Je dis 'mouvement', car Terre de Liens est composé d'une Association Nationale, des Associations Locales, Un GFA - La Foncière Terre de Liens, et une Fondation - Le Fonds, Terre de Liens. Un petit groupe de citoyens, agriculteurs et non agriculteurs, ont décidé à la fin des années 1990 de réagir face à la disparition des terres agricoles, soit convoitées par l'immobilier, soit recouvertes de beton ou de bitume. De même que le nombre d'agriculteurs a fondu depuis 1970, (1.200 00 à cette date, 436 000 aujourd'hui) de même les terres agricoles ont disparu: 160 hectares de terres sont recouverts chaque jour en France de béton ou de bitume, 200 fermes disparaissent chaque semaine en France. Ils ont lancé par étapes dans le temps d'abord un GFA, qui regroupe des actionnaires solidaires qui permettent l'acquisition de fermes et l'installation de paysans; et puis une fondation qui reçoit des dons d'argent ou de fermes de donateurs afin de préserver sur le long terme ce bien commun et précieux q'uest la terre. Terre de Liens, de même que le mouvement des AMAP sera représenté ce vendredi soir au débat sur l'agriculture à Roche.

Pour terminer, je voudrais citer cette phrase d'un jeune agriculteur, enregistrée pendant l'émission 'Ca vous dérange' sur France Inter le 5 août: "Lors que des gens s'intéressent à mon métier, non seulement je ne suis pas gêné, mais j'en suis ravi, car je pense que nous sommes co-responsables de ce qu'il y aura des paysans demain, et que la population mangera des produits de qualité".

Je vous donne rendez-vous demain soir à 20h30 à la Salle d'Animation de Roche pour poursuivre de vive voix ce débat si essentiel à l'avenir de l'agriculture dans notre commune.

28/10/2010

Une rencontre pour parler d'agriculture ...

LE 5 NOVEMBRE 2010
À 20H30
À LA SALLE D’ANIMATION
ROCHE

Moi je suis consommateur ….
Moi je suis agriculteur…
Moi je suis élu local….
Moi je suis citoyen…..

… et je me sens concerné par l’avenir de l’agriculture.

Lorsque l’on discute avec les agriculteurs Rochois, ils disent toute leur difficulté à continuer de vivre de leur activité, et les interrogations qu’ils ont pour l’avenir.

Nous, consommateurs, lorsque nous cherchons des productions locales de qualité, nous nous tournons vers des fermes de communes voisines.

Ailleurs, des agriculteurs et des citoyens, ensemble, se sont organisés pour mettre en place des circuits courts de valorisation des produits.

Nous sommes un groupe de citoyens consommateurs, qui ont conscience de la difficulté dans laquelle se trouvent les agriculteurs, et nous pensons que tous les citoyens sont concernés par ce sujet. Nous poursuivons l’objectif de susciter des occasions d’échanger entre citoyens consommateurs, agriculteurs et acteurs du monde agricole.

C’est pourquoi nous vous proposons une réunion ouverte à tous, pour permettre aux agriculteurs et aux autres citoyens d’échanger.

24/10/2010

Consommateur(trice) et Citoyen(enne)

Pour les consommateurs la période depuis la guerre jusqu'à aujourd'hui peut être divisée (pour faire simple) en deux: les 'trente glorieuses' jusqu'aux années 1980, et depuis 1980 jusqu'à aujourd'hui marqué par la mondialisation. La première période a vu une progression constante du pouvoir d'achat des Français, et en même temps l'apparition des grandes surfaces, qui donnaient expression petit à petit à l'abondance des produits qui étaient offerts aux consommateurs. Une nouvelle aire de prospérité s'ouvrait, et tout le monde était séduit! Une agriculture qui produisait de plus en plus grâce aux engrais et pesticides répondait à la demande à la fois des urbains consommateurs, et des grandes sociétés de distribution. Celles-ci développaient de puissantes centrales d'achat capables de faire venir de partout en France - et progressivement de l'Europe et du reste du monde - les produits alimentaires les plus variés.



Cette 'mondialisation heureuse' a pris un essor considérable à partir des années '80, et le consommateur pouvait manger des haricots verts du Kenya à noël, des tomates et des fraises tout l'hiver, et toutes sortes de fruits exotiques d'Asie et d'Afrique. A partir du dévéloppement de l'économie financière (la révolution Reagan/Thatcher) les grandes enseignes avec leurs puissantes centrales d'achat faisait de l'alimentation une source de profit, et étaient capables de dicter aux agriculteurs ce qu'ils devaient produire et le prix auquel ils devaient le vendre, et aux consommateurs ce qu'ils devaient manger. Mais les premières fissures se sont rapidement manifestées dans ce système parfait, où tous trouvaient leur 'bonheur'.



Déjà dans les années 60/70 nous avons entendu parler des surproductions en Europe. La Politique Agricole Commune (PAC) était contraint de dépenser des sommes considérables pour stocker ces surplus, et les retirer du marché, car des excédents entraînent inévitablement l'effondrement des prix. Le citoyen était de plus en plus conscients à travers les manifestations des agriculteurs que ces derniers subissaient des pressions à la baisse de la part de la grand distribution alors que lui-même, en tant que consommateur, était sous le feu constant des publicitaires: "Moi je suis le moins cher". Et puis il y a eu des événements plus dramatiques: le scandale de la vache folle, où par pur recherche de profits on a voulu transformer un ruminant en carnivore au mépris de la vie des animaux, et de la santé publique. Et puis les veaux élevés aux hormones, et les OGM etc. etc. La mondialisation heureuse avait volé en éclat pour beaucoup d'agriculteurs et citoyens/consommateurs.



Déjà dans les années '80 était né un mouvement l'Alliance, qui regroupait des agriculteurs, des mouvements écologistes, et des mouvements de consommateurs. De part et d'autre il y avait un mécontentement avec le système 'productiviste', et les pratiques de la grande distribution dans le contexte de la mondialisation. Depuis quelque temps des agriculteurs 'marginaux' et très minoritaires cherchaient à la fois de réduire leur dépendence de l'industrie chimique, et leur consommation d'énergie, d'une part, et d'autre part augmenter la valeur ajoutée de leurs productions. Est ainsi né le mouvement des AMAP (Association Pour le Maintient de l'Agriculture Paysanne). Avec leurs partenaires ils ont cherché à mettre en place des circuits de vente locaux qui garantissent à l'agriculteur une clientèle régulière et stable capable d'assumer sa part du risque inhérent à toute forme d'agriculture, en payant à l'avance sa consommation. De son côté l'agriculteur s'engage à fournir des produits sains, sans utilisation de produits chimiques polluants et dangeureux pour la santé. Il livre chaque semaine un panier de produits de saison.

Depuis une dixaine d'années fleurissent partout des expériences de circuits de commercialisation courts très divers: des magasins gérés par des groupes d'agriculteurs (La Halle Paysanne à Bourgoin); des groupements d'agriculteurs où chacun ouvre un point de vente chez lui, dans lequel le consommateur peut trouver une ou deux fois par semaine les productions des autres agriculteurs du groupe: fromages, légumes, fruits, viande de boeuf et de porc, volailles, oeufs etc (La Ferme de Malatrait à la limite des Communes de St. Georges et Roche); des AMAP (il y en a deux sur Villefontaine); des marchés de producteurs ou de producteurs bio, etc. Toutes ces expériences cherchent à réaliser un autre modèle d'agriculture, et une autre relation de cette agriculture avec le territoire où elle se trouve. Il s'agit pour l'agriculteur et le consommateur de devenir 'acteur' l'un et l'autre de la 'filière' qu'ils mettent en place. Le consommateur souhaite trouver des produits sains de l'agriculture locale; des légumes de saison, et peut-être par-dessus tout un autre lien avec celui ou celle qui produit sa nourriture.

17/10/2010

La Crise de l'Agriculture

Toutes les filières agricoles rencontrent actuellement de graves difficultés; hier c'était la filière du lait (le problème n'est que partiellement solutionné), aujourd'hui ce sont les producteurs de viande: bovine, porcine, volailles, qui sont mis en difficulté par la speculation à la hausse, sur le prix du maïs. Chaque été les producteurs de fruits et légumes manifestent leur mécontentement concernant les prix pratiqués par la grande distribution, et la concurrence des producteurs du sud. Les producteurs de céréales sont à la merci de la fixation de prix sur le marché mondial (Chicago), et de la spéculation qui s'y pratique. La situation de crise que vit actuellement l'agriculteur rochois, et plus généralement français, est liée aux politiques agricoles nationales et européennes menées depuis les années '50.


Nous ne pouvons pas, dans les limites d'un court résumé, écrire cette histoire, mais il est nécessaires d'en indiquer quelques éléments clés pour comprendre. En résumant, nous courons le risque de simplifier ou omettre certains faits importants; à vous de compléter et de corriger par vos commentaires pour que le compte-rendu soit plus proche d'une réalité très complexe.

  1. A la sortie de la guerre, et dans l'effort de reconstruction du pays, le Général de Gaulle avait décidé de coupler l'augmentation des rendements agricoles au développement des industries chimiques et mécaniques. Il est à noter que la France avait atteint l'autosuffisance alimentaire bien avant cette époque, et donc ce couplage était surtout à l'avantage des industries chimiques et mécaniques, qui avaient beaucoup de retard par rapport aux voisins de la France. Cela permettrait au passage de moderniser l'agriculture française et 'liquider' la paysannerie. Il s'agissait de mettre en place un nouveau modèle agricole, dont nous héritons aujourd'hui. On a donc créé un cercle vertueux: pour augmenter la production alimentaire il faut des engrais, des désherbants, et des pesticides (industrie chimique), et des tracteurs (industrie mécanique); en retour ces industries crée des emplois pour ceux qui quittent la campagne pour la ville; cette population urbaine croissante a besoin de nourriture en quantité plus importante.....etc... La consommation de produits "phytosanitaires" et d'engrais en France a été multipliée par 9 entre 1970 et 2000.
  2. La Politique Agricole Commune est constituée essentiellement d'aides et de subventions. Les objectifs de cette politique (largement influencés par la France, principal bénéficiaire) étaient de favoriser certaines productions: céréales pour l'exportation; augmenter les rendements, agrandir la taille des exploitations et ainsi "éliminer" les petites structures pour produire une alimentation "bon marché". Le paysan est devenu "exploitant", et la ferme "exploitation; on gère son entreprise comme une autre. Les agriculteurs des pays européens sont mis en concurrence entre eux; les fruits et légumes espagnols avec les productions françaises, et récemment les producteurs de lait allemands avec les producteurs français. L'élevage/polyculture est abandonné pour la mono culture d'un côté, et le "mono" élevage de l'autre pour des raisons économiques. Le risque que cela comporte (mettre tous ses oeufs dans le même panier!) n'était pas perçu pendant la période de montée en puissance de cette politique, car l'agriculteur était toujours assuré du soutien sans faille du gouvernement et de l'Europe. Les agriculteurs vivent à coup de subventions, alors que le consommateur ne paie pas sa nourriture au juste prix. Aucun gouvernement ne pouvait ignorer la demande d'une nourriture bon marché de la part des populations, ni négliger l'importance des exportations agricoles dans le balance des paiements.
    Entre 1970 et 2000 le nombre d'agriculteurs est passé en France de 1 200 000, à 600 000.
  3. En 1994 l'agriculture est entré dans l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), avec l'Accord Agricole de l'Uruguay Round. Les agricultures nationales sont mises en concurrence entre elles, et l'alimentation est réduite au statut de simple marchandise, véhicule de la spéculation et du profit. Ce moment marque l'hégémonie des multinationales de l'agro-business et de la distribution sur le monde agricole. Heureusement toutes les secteurs de l'agriculture ne sont pas encore concernées; les négociations de Doha sont bloquées depuis plusieurs années, car les pays du Sud et certaines ONG réclament le droit de protéger leur agriculture d'une concurrence inégale, et n'acceptent plus que les marchés des pays pauvres soient ouverts aux produits du nord, alors que l'Amérique et l'Europe subventionnent très fortement leurs agricultures. L'autosuffisance alimentaire de ces pays est à ce prix. Le souvenir reste vif des spéculations sur le prix du riz (céréale le plus mangé dans le monde) en 2008, lors que les traders ne pouvaient plus spéculer sur l'immobilier, alors qu'il y avaient des émeutes de la faim dans plusieurs pays du Sud. Nous avons appris pas plus tard qu'hier (16 octobre), à l'occasion de la journée mondiale contre la faim, que 3 millions d'enfants meurent de malnutrition chaque année, dix milles par jour!
  4. Les divers productions sont organisées en filières complexes pour assurer la transformation, le conditionnement, et l'acheminement vers les villes, et la distribution aux consommateurs. Dans ce modèle industriel, les produits agricoles voyagent beaucoup, mais surtout, l'agriculteur a perdu le contrôle sur ce qui se passe en amont comme en aval de son propre travail. Il maîtrise en rien les coûts de ce qu'il achète: engrais, désherbant, pesticides, aliments pour bétail, machines, qui sont lourdement tributaire du prix du pétrole. Il ne maîtrise pas non plus la fixation des prix de ce qu'il vend. Les multinationales de la distribution, et les grandes entreprises (souvent coopératives) de la collecte, transformation et conditionnement font pression sur le producteur pour réduire ses marges bénéficiaires pour pouvoir augmenter les leurs! Le noeud de la crise du lait en 2009/10 se résume à cette équation: les prix de tout ce que l'agriculteur achète sont en augmentation, et les entreprises de conditionnement et de distribution imposaient un prix d'achat du lait en-dessous du prix de revient du producteur. Beaucoup de producteurs de lait sont en grande difficulté car ils travaillent à perte depuis des mois. Et si les producteurs de lait disparaissaient?


Ces politiques se sont déployées pendant deux périodes distincts: dans un premier temps les "trente glorieuses", où tout semblait aller pour le mieux. A partir des année '70 avec la montée en puissance du néo-libéralisme, et l'idéologie de la main invisible du marché, les choses ont plutôt mal tourné pour les agriculteurs. Récemment le ministre de l'Agriculture, M. Bruno Le Maire, déclarait que la crise actuelle de l'agriculture posait pour la première fois la question de l'avenir de l'agriculture en France.


Et le consommateur dans tout ça?

10/10/2010

La taille des arbres

Nous avons reçu dans notre boîte aux lettres la communication qui suit. Elle était signé 'anonyme'. En temps normal, nous ne publions pas des messages sans signature. Mais ce texte rejoint nos préoccupations rurales en cours, et nous avons pensé qu'il pourrait bien intéresser d'autres rochois. Donc le voici:

"Qui donc s'est permis de tailler le 'Catalpa' planté devant la Chapelle de St. Bonnet?
Sans aucun doute un ennemi de la nature.....
Cette personne n'avait-elle donc rien d'autre à faire que de venir massacrer un arbre?
Renseignements pris auprès des Services Techniques de la Commune, ce n'est pas eux. La taille des arbres est confiée à des entreprises privées (Ils ont tout de même une petite idée sur le responsable, mais leur devoir de réserve leur interdit de dénoncer le coupable).
Quoi qu'il en soit, cette personne a coupé plusieurs grosses branches en pleine période de sécheresse, mi-septembre, sans avoir mis de cicatrisant, ce qui va favoriser les attaques de champignons et d'autres maladies.
Un professionnel en pépinières en déduit que c'est un irresponsable!"
Anonyme

28/09/2010

Deux Photos de l'Agriculture à Roche (suite)

Deuxième photo, la mémoire: il y a 30 ans il y avait une plus grande diversité de productions agricoles sur la commune. Dans le quartier des Girauds où j'habite, il y avait 3 troupeaux de chèvres. Mon voisin le plus proche avait 3 vaches, sa femme un troupeau de chèvres; ils avaient poules, lapins et canards. On pouvait acheter lait de vache, fromage de chèvre, œufs, et de temps en temps un canard ou un lapin. L'exploitation familiale paysanne reposait sur une organisation sociale: parents âgés, secondés par un fils célibataire en double activité.


Il y avait également dans le village un élevage de poulets avec son propre abattoir. Un(e) coctier faisait le lien entre les producteurs et la population non agriculteurs. On lui passait commande pour fromage, œufs, poulets, canards etc., et elle faisait la tournée des fermes pour s'approvisionner. Il y avait un circuit commercial de proximité. On trouvait également selon les saisons noix, miel et autres produits. Ces circuits courts de commercialisation permettaient à une agriculture paysanne diversifiée d'écouler son surplus, et aux voisins non agriculteurs de profiter de produits frais de qualité.


Je ne raconte pas cette "autre" agriculture d'il y a 30 ans par nostalgie, en voulant voir revenir "les temps anciens". Elle s'appuyait sur une structure sociale et des façons de vivre qui n'existent plus. Et si elle a disparue, c'est qu'elle n'était plus viable sous cette forme-là. Mais il est important de constater qu'une agriculture paysanne diversifiée a pu se développer autrefois sur la commune, avec ces propres circuits courts de commercialisation. Rien ne permet de dire qu'elle ne puisse se reconstituer à nouveau, sur d'autres bases, et avec une autre organisation sociale. Ces exemples montrent également qu'une exploitation agricole est un ensemble complexe vivant, une activité de production liée à la nature du terrain, dépendante des aléas du climat, s'appuyant sur une organisation sociale et répondant à notre premier besoin d'hommes et de femmes: manger des aliments frais de qualité.


Les politiques agricoles française et européennes sont passées par là, avec le développement de filières et la spécialisation des exploitations; on pense à la mono-culture des céréales dans la Beauce. Mais ces derniers temps des agriculteurs conscients du piège que constitue pour de petites surfaces cette spécialisation, diversifient leurs productions, et cherchent à mettre en place, avec des citoyens non agriculteurs, des circuits courts de commercialisation. On a vu naître un peu partout des AMAP (il y aura un texte à ce sujet ultérieurement), des magasins en directe de la Ferme, des marchés de producteurs etc. Chacun trouve la forme de circuit local qui lui convient.


J'ai enregistré une émission des programmes d'été de France Inter (5 août) au sujet de l'avenir de l'agriculture vu par un certain nombre d'agriculteurs jeunes, et moins jeunes. Le débat est passionnant, et permet d'ouvrir des pistes de réflexion. Si quelqu'un souhaite l'écouter, je peux lui faire une copie.

15/09/2010

Deux Photos de l'Agriculture à Roche

Première photo, les statistiques: d'après les statistiques de la DDA de l'Isère en date de l'année 2000,(pour voir leur site cliquez ici: http://ddaf38.agriculture.gouv.fr/), Roche est une commune où la population d'agriculteurs est élevée: dans la catégorie de "26 et plus"; (dans l'enquête il n'y a pas de catégorie plus élevée). Mais en même temps, seul 40% de ceux-ci sont "professionnels" - selon la terminologie du recensement - c'est à dire, travaillent à plein temps ou au minimum à 3/4 temps sur l'exploitation, qui est leur source principale de revenus. La superficie moyenne de ces exploitations "professionnelles" est par contre assez faible par comparaison avec d'autres communes de l'Isère: entre 20 et 50 hectares.

Les statistique de l'INSEE fournissent d'autres détails: la superficie totale de la Commune est de 1942 ha, dont la superficie agricole utilisée (SAU) d'après le recensement général agricole de 2000 est de 1045 ha, (comparée à 1272 ha en 1988). Le nombre "d'actifs" agricoles d'après ce même RGA (2000) est de 86 (en 1988 ils étaient 141), et le nombre d'exploitations en 2000 étaient 47 (67 en 1988). Les diagnostics SCOT Nord-Isère (pour voir le site cliquez ici: http:// http://www.scot-nordisere.fr/) et CDRA Isère Porte des Alpes caractérisent, tous les deux, notre territoire agricole comme relevant de "petites exploitations" soit de vaches laitières dans les vallons, soit de cultures céréalières sur le plateau. Ils préconisent aussi de préserver ces petites structures.

D'après nos propres statistiques (sûrement moins fiables que celles de l'INSEE!) il y a 10 agriculteurs "professionnels" à l'heure actuelle, tous, à deux exceptions près, éleveurs de vaches laitières, (1 élevage de chèvres). Il y a deux femmes chefs d'exploitation. On devrait dire qu'il y 'avait' 10 agriculteurs, car deux d'entre eux prennent leur retraite ces temps-ci. Les troupeaux de vaches sont vendus, et les terres sont reprises par un enfant, qui cultivera des céréales en "double activité"; c'est à dire il a par ailleurs un emploi salarié. Ce qui signifie clairement que les jeunes estiment qu'il n'est plus possible de vivre de vaches laitières sur une petite exploitation. Mais cela signifie aussi la disparition de deux exploitations "professionnelles"; deux exploitants à plein temps disparaissent sur la commune.

Une deuxième photo est à suivre ...

30/08/2010

Commune Rurale?

Au moment où je me suis installé à Roche en 1977, les habitants, avec leur maire Gérard Vernay en tête, tentaient de résister aux volontés de l'E.P.I.D.A. et du S.A.N. d'établir la Ville Nouvelle sur son territoire. Quelques années plus tard, lorsque le premier gouvernement de gauche a accordé le droit aux Communes de choisir (ce qui n'était pas le cas avant), si oui ou non elles voulaient faire partie de la Ville Nouvelle, la Commune de Roche, comme un seul homme, n'a pas hésité à exercer son droit de retrait, "pour conserver son caractère rural".

En 1977 Roche comptait 900 habitants, 33 ans plus tard la population a doublé ; nous sommes 1800. En dépit de son refus de la Ville Nouvelle, Roche a subi l'afflux de nouvelles populations qui depuis le milieu des années 70, quittaient la ville pour s'installer à la campagne. L'exode rural d'entre deux guerres, et d'après la guerre 39/45, s'est inversé pour diverses raisons,- la chèreté de la vie en ville entre autres- et la construction de la Ville Nouvelle était une manière pour l'état d'accompagner et 'canaliser' ce mouvement. 'La Petite Sœur de Lyon', 'La ville à la Campagne', annonçait fièrement les panneaux publicitaires de l'époque. Cet afflux de nouvelles populations obligeait les communes rurales à mettre en œuvre des politiques qui jusqu'à cette époque caractérisaient les communes urbaines : construire des écoles, créer des services périscolaires pour les enfants et de garderie pour les familles, construire des logements sociaux etc, etc... On ne savait plus, à regarder les politiques mises en œuvre, ce qui distinguait les communes rurales des communes urbaines.

En effet, Roche est devenue une commune 'attractive', du fait de sa proximité aux axes de communication, et moyens de transports, et aussi du fait des services qu'elle met à disposition des familles et des salariés, qui vont travailler 'en ville'. Elle est 'une petite commune verdoyante et sympathique', selon la terminologie des publicitaires. Mais elle est devenue aussi commune péri-urbaine, elle risque fort de devenir commune 'dortoir', ou 'zone résidentielle'. Est-ce qu'il reste encore quelque chose de cette vision singulière portée par Gérard Vernay, de ce qui constitue 'son caractère rural' ?

Pour terminer ce petit résumé historique, vers 2005, le Conseil Municipal a voté l'adhésion à la Communauté de Communes des Collines du Nord Dauphiné, et de ce fait refusé d'adhérer à la Communauté d'Agglomération des Portes des Alpes, qui remplaçait le statut de 'Ville Nouvelle' qui disparaissait. Encore une fois ce choix était fait au nom de la défense du 'caractère rural' de la commune. Les lois de décentralisation qui ont mis en place les Communautés de communes, avaient comme volonté de regrouper dans des ensembles plus grands, les communes dont la population partageait le même bassin de vie. L'objectif était de faire des économies d'échelle. Choisir de se joindre à des communes avec qui les Rochois n'avaient aucun intérêt commun, qu'ils ne fréquentaient jamais (ni pour le travail, ni pour l'école, ni pour le commerce, ni pour les loisirs) était de ce point de vue un non sens.


Quelle est donc cette "ruralité" que les Rochois défendent avec tant d'acharnement et de constance depuis plus de 30 ans? Est-ce simplement parce qu'il y a de jolis paysages, qu'on y trouve le calme, qu'il est tellement plus agréable d'y vivre ? Est-ce que la présence d'agriculteurs sur la Commune a encore une importance pour les citoyens non agriculteurs ?

Il y a une trentaine d'années, selon le recensement agricole, il y avait 35 agriculteurs ; aujourd'hui il y a encore autour de 20 agriculteurs, soit à plein temps, soit double actifs. Pour emprunter le titre d'un programme de France Inter du jeudi 5 août, dans la série "ça vous dérange": l'agriculture a-t-elle un avenir à Roche ? Et lequel ? Jusqu'à aujourd'hui, elle est l'activité économique principale de la commune. Est-ce qu'elle a la possibilité de garder cette position ? Et si elle ne devient qu'une activité annexe, exercée par des double actifs, que deviendra 'le fameux caractère rural' ?

Est-ce que les autres citoyens de Roche savent comment vivent leurs voisins agriculteurs ? Et connaissent-ils les menaces qui pèsent sur la viabilité des exploitations agricoles sur la commune?

Avec ce texte, nous commençons une série d'articles sur l'agriculture à Roche, qui vont s'échelonner sur les mois de septembre et d'octobre. Notre objectif est de susciter un débat public sur cette question capitale pour l'avenir de la commune. Nous espérons donc que vous allez participer nombreux et nombreuses à ce débat sur notre blog.

02/03/2008

Commune Rurale

Le choix de la Communité de Commune Des Collines a été fait pour s'allier avec d'autres communes rurales. Depuis 30 ans la Ville Nouvelle a été rejetée par Roche au nom de sa ruralité.

Qu'est-ce donc cette ruralité? Des sociologues nous disent que la différence entre commune urbaine et commune rurale, qui était autrefois très marquée, est en train de s'estomper. L'exode rurale du milieu de 20e siècle s'est inversée depuis 15/20 ans, et les communes rurales gagnent en population avec l'afflux de citadins. L'évolution de Roche est nettement marquée par ce phénomène; la construction d'une belle école primaire en est témoin, de même que les demandes de services, notamment pour les enfants.

Alors c'est quoi la ruralité? Je ne vois pas comment une commune peut s'appeler rurale sans agriculteurs, qui ont toujours constitué la majorité de la population. Heureusement à Roche il y a toujours des agriculteurs. Il y a 30 ans ils étaient nombreux, avec beaucoup de double actifs, aujourd'hui leur nombre a fondu, et les doubles actifs ont pratiquement disparus. Autrefois, la ruralité était marquée par le fait que la majorité de la population en dehors des agriculteurs trouvait leur emploi dans la commune. Ce n'est plus le cas à Roche.

Que faire? Très peu de mentions dans les bonnes intentions des candidats: une mention sous le rubrique "Urbanisme", c'est tout. Pourtant, il s'agit du premièr secteur de l'économie! Les agriculteurs nous nourrissent; un pays qui ne se nourrit pas ne peut pas se développer.
Les citoyens pointent du doigt les agriculteurs qui polluent l'eau. Les jeunes agriculteurs ne peuvent s'installer à cause du prix du foncier. Quelqu'un dans un commentaire ailleurs sur le blog demande pourquoi on ne parle pas d'agriculture biologique à Roche.

Les citoyens doivent prendre leurs responsabilités. Churchill disait:" la guerre est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux seuls militaires." C'est pareil pour l'agriculture. Déjà, dans beaucoup de régions et de communes, se sont formées des "Associations Pour Le Maintien d'une Agriculture Paysanne"(AMAP). Au lieu d'accabler les agriculteurs de toutes sortes d'accusations, nous pouvons leur proposer en tant que citoyens intéressés à trouver des productions de bonne qualité, et sans l'utilisation de produits de synthèse, de collaborer avec eux dans le maintien d'une agriculture polyvalente sur Roche, et pourquoi pas l'installation d'un(e) ou des jeunes agriculteurs. Des citoyens l'ont fait ailleurs; pour quoi pas ici? Le boucher de Roche a toujours acheté sa viande de bœuf et de veau auprès des agriculteurs de la région. Amplifions le mouvement!

Je suis prêt à discuter de cela avec ceux que la proposition intéresse.