28/03/2011

Elections cantonales 2ème tour

Canton de La Verpillière :

Denis Vernay (Sortant - DVG/Maj. Départementale) : 61,85% Elu

Franck Sinisi (Front National) : 38,15%

Commune de Roche :

Denis Vernay % des exprimés 58.33 (371 voix)

Franck Sinisi % des exprimés 41.67 (265 voix)

25/03/2011

L'Agriculture Ailleurs


Un partenaire du CCFD-Terre solidaire venant du Niger témoigne
au Centre œcuménique à Villefontaine
Mardi 29 Mars 2011 à 20 h

MOORIBEN (=la misère est finie) est une fédération de groupements d’associations de paysans qui valorise l’agriculture.

Nassourou MOUSSA, ingénieur agronome et membre de MOORIBEN, vient témoigner à Villefontaine lors d’une soirée.

Il nous expliquera le contexte, les projets et les réalisations que cette organisation a mis en place pour lutter contre le problème principal de la malnutrition mais aussi il nous parlera des sujets suivants :
- l’accès à la terre pour les femmes,
- l’accès aux semences, aux engrais…
- le financement des projets agricoles,
- la défense des paysans et de leurs droits
- l’isolement de certains villages et l’accès à l’information
- l’accès à la santé et à l’éducation,
- la place des femmes
- la maitrise de la fécondité…
Certains sujets sont aussi d’actualités chez nous, prenons en de la graine !
Venez nombreux assister à ce moment privilégié d’échange et de rencontre autour de thèmes qui nous concernent tous.
Amicalement

23/03/2011

Elections cantonales

1er TOUR 20/03/2011 Canton

Candidats

Résultat

Statut

VERNAY Denis DVG

27.05%

Ballotage

SINISI Franck FN

26.65%

Ballotage

MICHALLET Damien UMP

17.84%

-

MARGIER Patrick AUT

13.29%

-

MUNTLAK Béatrice VEC

9.35%

-

BEDEAU DE L'ECOCHERE Odile COM

5.82%


Résultats du 1er tour 2011 à Roche

Participation : 41.1%

Franck SINISI Front national 28,9 % 166 voix

Denis VERNAY Divers gauche 24,7 % 142 voix

Damien MICHALLET Union pour un mouvement populaire 23,3 % 134 voix

Béatrice MUNTLAK Écologistes 10,5 % 60 voix

Patrick MARGIER Sans étiquette 9,1 % 52 voix

Odile BEDEAU DE L'ECOCHERE Parti communiste 3,5 % 20 voix

  • Inscrits 1438
  • Abstentions 847 (58.90%)
  • Votants 591 (41.10%)
  • Blancs et nuls 17 (1.18%)
  • Exprimés 574 (39.92%)


Rappel : Résultats du 2nd tour 2004

Participation : 68.7%

Denis VERNAY (élu)
Divers gauche

41 %
348 voix

DAMIEN MICHALLET
Union pour un mouvement populaire

39,9 %
339 voix

HUGUES GIRARD
Front national

19,1 %
162 voix

Rappel : Résultats du 1er tour 2004

Participation : 63.4%

Denis VERNAY
Divers gauche

32,9 %
256 voix

DAMIEN MICHALLET
Union pour un mouvement populaire

27 %
210 voix

HUGUES GIRARD
Front national

21,6 %
168 voix

LUCIEN PERRIN
Modem

9,1 %
71 voix

CHRISTINE PESSAH
Extrême gauche

3,9 %
30 voix

MICHELE MEFFRE
Parti communiste

3,7 %
29 voix

MARTINE PERETTI
Parti radical de gauche

1,9 %
15 voix

22/03/2011

Compte rendu du conseil municipal du 11 mars 2011

Ci joint le compte rendu du conseil municipal du 11 mars 2011.

Bonne lecture !

20/02/2011

Soirée Tropicale .... Rappel !

Petit rappel pour la soirée qui aura lieu ce vendredi 25 février à 20h00 à la salle d'animation de Roche.
Voir message ci dessous pour tous les détails.

09/02/2011

Révision du PLU et consultation des citoyens ...

L'annonce du maire lors de ses vœux concernant des décisions prises sur le PLU (voir ci dessous) nous rappelle que la révision de celui ci est en marche, sans qu'aucun d'entre nous n'ait de visibilité sur le processus en cours.

Afin de rappeler le conseil municipal à ses engagements et obtenir qu'une concertation avec la population rochoise ait lieu, nous sommes allés au quart d'heure public du dernier conseil municipal lire le texte ci joint et son annexe 1 et annexe 2.

En effet, Le 31 janvier 2003, le conseil municipal délibérait pour cette révision du PLU en prenant des engagements :
« Monsieur le maire indique que l’article L300-2 du code de l’urbanisme impose que toute révision du plan local d’urbanisme fasse l’objet d’une concertation préalable avec la population durant toutes les études et selon les modalités prévues par le Conseil municipal.
Monsieur le maire expose que la révision du PLU est rendue nécessaire car il ne correspond plus aux exigences actuelles de l’aménagement spatial de la commune. Il est nécessaire d’envisager une redéfinition de l’affectation des sols et une réorganisation de l’espace communal.

  • Qu’il y a lieu de fixer les modalités de la concertation conformément à l’article L300-2 du code de l’urbanisme.

Après avoir entendu l’exposé du maire et après avoir délibéré, le conseil Municipal décide :
  • De prescrire la transformation du POS en PLU …………..
  • De soumettre à la concertation de la population, des associations locales et des autres personnes concernées, les études pendant toute la durée du projet de révision selon les modalités suivantes :
  1. réunion publique en présence de l’urbaniste retenu par le conseil municipal,
  2. flash spécial,
  3. affichage

  • Que le bilan de cette concertation sera présenté devant le Conseil Municipal qui en délibèrera.
  • De solliciter de l’état ………….
  • De demander à l’article L.127.7………….
  • Les services de l’état pourront ………….. »

Suite à cette lecture, il nous a été répondu qu'il n'y aurait rien de tout cela. En effet, le maire nous a affirmé "La population rochoise est ici (en désignant les membres du conseil municipal), la concertation se fait donc ici ...". Tout au plus y aurait il eu une consultation "du syndicat des agriculteurs". Cette pirouette sémantique permet au maire de balayer l'engagement pris par le conseil municipal de travailler avec la population. Le vote de la délibération de 2003 ne serait donc qu'un effet d'annonce ? Ceci n'est pas acceptable.

Un tel déni de la population rochoise a rarement été aussi clairement exprimé, car si le conseil municipal a la responsabilité de proposer, animer puis décider, il ne peut à lui seul prétendre incarner le débat qui concerne les 1900 habitants que nous sommes.



Une petite "lecture" du texte ci-dessus permet de mesurer l'incroyable refus obstiné d'ouvrir un débat démocratique avec la population Rochoise. D'abord il s'agit d'un texte à propos duquel il y a eu délibération et vote du Conseil Municipal; un texte qui fait référence au texte législatif. Il ne s'agit pas d'une promesse électoral qu'on peut jeter par la fenêtre une fois élu.



En première partie, le texte établit l'obligation de "soumettre à la concertation de la population" les travaux, études et propositions qui sont faites concernant la modification du PLU, et ceci "pendant toute la durée du projet de révision". La population est définie : "les associations locales et (les) autres personnes concernées". Cette dernière expression est plutôt vague. Il est bien évident que les agriculteurs sont très importants, mais ceux-ci ne représentent pas la totalité de la population; on peut nommer les artisans et commerçants et tous les habitants des divers quartiers. Car le PLU va déterminer pour longtemps la qualité de vie de tous les habitants, et c'est bien pour cela qu'il faut consulter tout le monde. Le mot utilisé est "consultation" et pas information. Mais on ne peut pas consulter, si on n'a pas préalablement informé.



Dans un deuxième temps, le texte dit: "le bilan de cette consultation sera présenté devant le Conseil Municipal qui en délibèrera". Il est bien clair dans le texte que la "population" et le "Conseil Municipal" ne sont pas équivalent; l'action que le Maire a proposé de mener en 2003, et fait voter par son Conseil, est en deux temps: d'abord "consulter la population", et puis présenter le bilan de cette consultation au Conseil pour délibération.

Sur le compte rendu du conseil municipal qui vient de sortir il est promis une réponse. Nous espérons que celle ci ira dans le sens de la délibération votée par le conseil municipal de 2003.

Martin Gormally / Pierre-Alain Kent

Compte rendu du conseil municipal du 28 janvier 2011

Ci joint le compte rendu du conseil municipal du 28 janvier 2011.

Bonne lecture !

Soirée Tropicale !

Avec le soutien de la municipalité de Roche
l’Association "ALABAMA",
acteurs d’aventures
depuis plus de vingt ans en Amazonie,
son Président Eric PELLET (Cliquez ici pour un avant gout !)
vous invitent (entrée gratuite) à entrer dans leur jardin secret avec
la diffusion du film « Le Seigneur des Tumuc Humac »
Ce film vous emmènera sur les traces du plus grand chamane guerrier du peuple Wayana, une épopée vieille
de plus de 500 ans véhiculée jusqu’à nous par la tradition orale
de ce peuple premier.
le vendredi 25 février 2011 à 20 h
salle d'Animation de Roche (38) au village
proche de la Mairie
(à 4,5 km de Villefontaine par la D126)
exposition photos
de leurs plus belles expéditions.


Acteurs d'aventures depuis plus de 20 ans, l'association Alabama (en Guyane), à travers ses expéditions en forêt tropicale profonde a toujours eu un but à la fois sportif, culturel, historique et scientifique. Faire partager nos rêves d'enfant dans un univers encore en partie à découvrir : l'Amazonie, est son ambition. La réussite de leurs projets est subordonnée à une organisation sans faille et une prise en compte de la sécurité du groupe. L'association "Amazonie médecine expédition" avec le médecin chef du SAMU de Cayenne est, sur ce dernier aspect, un partenaire indispensable.
Leur devise : "L'expérience de chacun, est le trésor de tous" G De Nerval.

Cliquez pour encore plus d'info :  ici des photos ,     le mot du président et encore ici le secret des lacs  !

27/01/2011

café rencontre à Roche

Soirée chansons
au café rencontre

le

Mardi 1er février 2011
A partir de 20h30
Au café « chez Pascale » (Roche)

Chacun prend une consommation.
Il apporte des paroles de chansons, des instruments de musique… afin de passer une soirée à chanter…. Ou à écouter chanter !
Nous vous attendons nombreux...

25/01/2011

Compte rendu du conseil municipal du 20 décembre 2010

Ci joint le compte rendu du conseil municipal du 20 décembre 2010.

Bonne lecture !

16/01/2011

Le PLU

Les voeux du maire, dimanche 9 janvier 2011, ont été marqués par une annonce qui a provoqué une certaine émotion parmi l'assistance. Depuis un certain temps les Rochois sont impatients de savoir ce qui se trame du côté du PLU. C'est peu dire que l'attention était importante lors que Monsieur le Maire nous a annoncé qu'il y avait eu une réunion en mairie au mois d'octobre avec les représentants du SCOT et des autres partenaires. Une réunion 'très dure' nous a-t-il dit. Car la copie du Conseil Municipal a été sévèrement jugée. Trop de terrains agricoles avaitent été transformés en terrains constructibles. On a exigé du maire de rebasculer "au moins 10 hectares" en terains agricoles. Le souci principal du maire en nous donnant cette information était qu'il devait informer un certain nombre de citoyens que leurs terrains ne seraient pas constructibles comme il le leur avait promis.



Le Plan Local d'Urbanisation, qui remplace le POS, (plan d'occupation des sols), est un des actes les plus importants que le Conseil Municipal d'une Commune est appelé à accomplir. C'est l'outil de gestion du territoire dont dispose la Commune. Il permet de fixer l'allocation et la destination du foncier: pour l'agriculture, pour l'urbanisation, pour les activités économiques, les zones naturelles à protéger etc. On ne traite pas d'ailleurs cette question tous les 6 ans. Cela faisait déjà quelques années que ce PLU avait été lancé par le précédent Conseil, pour être en conformité avec le SCOT (Schema de Cohérence Territoriale), qui lui a remplacé le SDAU (Schema directeur de la Ville Nouvelle - 33 Communes) en élargissant le territoire concerné à 9 Communautés de Communes et 94 Communes en tout. M. le Maire fait partie du Syndicat mixte du SCOT. Le SCOT détermine les grands axes d'organisation et de développement, et leur cohérence, de ce grand territoire pour les 20 ou 30 ans à venir.



Cette information, et la manière qu'elle nous a été donnée, nous amène à poser quelques questions. La très longue attente de la moindre information est en partie imputable au très long temps de mis en place et finalisation du SCOT lui-même. Au fil des années nous avons scruté les Flash-Infos et les Bulletins Municipaux succesifs pour la moindre petite information sur le sujet. Jamais rien! Pendant que certains (les naïfs!) cherchaient à soutenir l'activité agricole sur la commune, d'autres transformaient les terrains agricoles en constructibles! Comment se fait-il qu'il a fallu une intervention extérieure pour rappeler aux responsables de la commune leur devoir de défense de l'activité agricole? Depuis le temps que la défense du caractère rural de la commune est mis en avant pour expliquer d'autres décisions. Est-ce que c'est 'normal' que ces actes si capitaux pour l'avenir de notre commune doivent toujours être décidés dans la plus grande opacité? La situation embarrassante où se trouve M. Le Maire, n'est-elle pas le fruit de cette manière opaque de gérer les affaires de la commune? Comment, et selon quels critères vont être choisis les terrains qui doivent retourner à leur destination agricole?


Quelques jours après ces événements, par un hasard qui surprend, j'ai eu entre les mains le bulletin d'information pour l'automne 2010 du CAPI. En dernière page on annonçait pour le 4 novembre une réunion publique organisée par le SCOT pour tous les citoyens et citoyennes du territoire pour leur expliquer le fonctionnement de celui-ci, et comment ses décisions allaient influencer la vie des citoyens. Comment se fait-il que les citoyens et citoyennes de Roche n'ont pas été informés de cette réunion publique? Est ce qu'ils sont des citoyens de deuxième zone?

19/12/2010

REUNION DU 5 NOVEMBRE 2010 SUR L'AGRICULTURE: Synthèse

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvés à la Salle d’Animation de Roche (gracieusement prêtée par la Commune). Parmi eux il y avait 6 intervenants venus d’ailleurs : 2 agriculteurs retraités qui ont cédé leurs exploitations à leurs fils, et qui représentaient deux mouvements du monde agricole : l’un Terre de Liens, et l’autre le Ceipal. Il y avait également 2 agriculteurs en activité : un producteur de viande bovine et ovine de Maubec, qui commercialise sa viande par un magasin collectif à Bourgoin, et qui est également le président du Comité Technique du Territoire Isère Portes des Alpes, et une agricultrice maraîchère en Bio, de Saint Georges d’Espéranche (le Jacqueron), où ils sont 4 d’une même famille (dont un paysan boulanger) à produire et à vendre en directe depuis l’exploitation (38ha) légumes, pain et farine. Ils organisent chaque semaine, avec un réseau de producteurs locaux, la vente de paniers d’autres produits : viande de bœuf et de porc, œufs, volailles, fromages, fruits, miel etc. Deux citoyens consommateurs, représentants d’une AMAP de Villefontaine complétaient, avec un membre du collectif organisateur, le « panel » des intervenants.

Nous avons choisi ces intervenants d’abord parce que ce sont des amis et connaissances, et parce qu’ils (elles) sont engagé(e)s dans des voies alternatives diverses. Il n’était pas question dans nos esprits de dire « voilà ce qu’il faut faire », car nous sommes conscients que les territoires et les systèmes d’exploitation sont trop complexes pour pouvoir reproduire partout le même modèle. Et puis tout le monde n’est pas appelé, ni désire pratiquer une seule forme d’agriculture. D’autre part, les témoignages de certains intervenants ont démontré que les « alternatives » ne sont pas sans difficultés. Néanmoins, la commune de Roche se trouve proche, du fait de l’implantation de la Ville Nouvelle, de centres urbains, où il y a une population qui cherche à manger des aliments sains, et à s’approvisionner localement. La taille relativement modeste des exploitations Rochoises serait plutôt bien adaptée à répondre à ce type de demande.

Notre objectif était d’ouvrir un débat avec les agriculteurs de Roche sur l’avenir de leur activité dans la commune ; la situation des exploitations Rochoises, et notamment les éleveurs de vaches laitières, est extrêmement difficile. L’agriculture a toujours été l’activité économique principale de la commune, et la disparition progressive des troupeaux de vaches laitières, et avec elles les agriculteurs à plein temps, affaiblit son « caractère rural ». La commune risque de devenir commune résidentielle, voire commune ‘dortoir’.

Nous n’avons pas réussi à faire déplacer les agriculteurs en activité, mais trois agriculteurs retraités de la commune étaient présents. Leur présence et leur participation au débat nous encourage à penser que les questions que nous posons sont d’actualité, et qu’il est urgent de développer un travail de réflexion avec le monde agricole, en vue de faire des propositions pour le maintien d’une agriculture diversifiée, et des agriculteurs à plein temps dans la commune. Dans la salle il y avait au moins deux autres agriculteurs, des habitants de Roche et les communes environnantes.

Nous avons organisé la réunion avec trois temps distincts : la situation de l’agriculture, les causes des difficultés, les perspectives d’avenir. Cette organisation nous a permis de passer en revue toutes les questions, et en même temps d’instaurer un échange entre les intervenants et la salle tout au long de la soirée, sans avoir à attendre la fin d’interventions « trop longues ». Ici nous allons tenter de faire un résumé de ces débats, sans entrer dans le détail. D’ici quelques jours, vous trouverez sur le blog un compte-rendu complet de la réunion : le contenu des interventions et du débat avec la salle.

L’agriculture Rochoise, comme toute l’agriculture française, a été l’objet de politiques nationales et européennes visant l’augmentation de la productivité : produire plus, devenir plus gros. Ces politiques, appelées « productivistes », poussaient à se spécialiser ; d’un côté les éleveurs, de l’autre les cultivateurs. On a abandonné la sagesse de l’agriculture traditionnelle en élevage/polyculture ; comme le disait un intervenant : « la vache est l’animal qui fertilise la terre ». Les cultivateurs sans animaux doivent acheter des engrais chez l’industrie chimique, et les éleveurs sont amenés à acheter des protéines végétales (le soja). Il y a une perte d’autonomie : en amont on dépend de multinationales chimiques et semencières, en aval de l’agro-business de la collecte et de la transformation.

Les multinationales de la distribution réclament des prix de plus en plus bas, soi-disant au nom du consommateur. La part de l’alimentation dans les dépenses des ménages en 1960 était de 26%, en 2009 de 13%. En amont les prix des produits chimiques et des aliments du bétail augmentent constamment à cause de l’augmentation du prix de l’énergie (pétrole) dépensée à les produire et à les transporter. L’agriculteur est étranglé, car il est amené à vendre ses productions en dessous du prix de revient. Les subventions européennes ne compensent pas la baisse des prix agricoles, et de toute façon ces subventions vont surtout aux ‘gros’.


Il faut être compétitif, et dans cette compétition, seuls les plus gros survivent. Dans le domaine du foncier, lors que des terres deviennent vacantes, en général les grosses exploitations ‘récupèrent’ tout, car elles sont seules à avoir une capacité d’investissement. Il n’y a pas de la place pour la petite exploitation dans ce système. Les exploitations Rochoises ont une taille moyenne entre 20 et 50 hectares (statistiques DDA) et se trouvent dans une situation que certains agriculteurs qualifient de catastrophique. Seule une des exploitations laitières répond aux normes actuelles. Il y a un signe qui ne trompe pas : peu de jeunes veulent reprendre les exploitations à plein temps. Avec des animaux vous travaillez 7 jours sur 7, 365 jours par an, entre 50 et 60 heures par semaine, et en plus vous ne gagnez pas le SMIC. On ne peut rien leur reprocher ! Est-il possible de contrer ces évolutions ?

Le consommateur de son côté est de plus en plus insatisfait des produits alimentaires que l'on lui propose dans la grande distribution. Les fruits et légumes manquent de goût, ont subi trop de traitements, et ont voyagé trop loin; les plats cuisinés sont de mauvaise qualité nutritionnelle, contiennent trop de sucres, de sel, de colorants ou de conservateurs.Un nombre important de consommateurs cherchent à s'approvisionner en légumes, fruits, viandes, oeufs, fromages, volailles etc. auprès de producteurs locaux. Ils cherchent à nouer des relations de confiance avec les agriculteurs avec qui ils passent des contrats (Les AMAP). Est-il possible de faire rencontrer une demande locale des consommateurs et l’agriculture Rochoise qui n’est pas du tout tourné vers cette demande ? Est-ce que cette voie là constitue une solution pour retrouver une agriculture vivante et capable d’attirer des jeunes ?

Quelques pistes ont été suggérées pendant la soirée, pour que les exploitations redeviennent autonomes, et dégagent de la plus-value, seul moyen de les rendre rentables :

  • D’abord, le travail en commun ; créer des collectifs de travail (style GAEC) qui permettent de prendre des week-ends et des vacances à tour de rôle. Créer des CUMA pour partager les investissements en machines ; un jeune agriculteur avance l’opinion (audacieuse !) que l’on n’a pas besoin chacun de ‘son’ tracteur. Se réunir ensemble avec la collectivité et les citoyens pour décider de la répartition de terres devenues vacantes. Faire ensemble avec ses voisins des gros travaux dans les champs. Résister ensemble aux tentatives de faire baisser les prix.
  • Revenir à l’élevage/polyculture pour réduire ses dépenses en amont (moins ou pas d’engrais). Composter. Cultiver des légumineuses pour produire ses propres protéines végétales, et fixer l’azote de l’air dans le sol. Travailler ses prés.
  • Réduire sa dépendance en aval en passant à la vente directe.

    Un agriculteur Rochois présent dans la salle a conclu les débats de la soirée en confirmant la situation difficile de l’agriculture à Roche, et en exprimant l’opinion que les choses ne pourront évoluer que très lentement. Et que peut-être le changement viendrait de jeunes extérieurs de la commune.

    Les débats ont continué bien après minuit d’une manière informelle autour d’un verre de l’amitié.


04/11/2010

De Quoi Je Me Mêle?

Qu'est-ce qui peut bien motiver des citoyens 'ordinaire' à se mêler d'agriculture? Le monde agricole est fortement structuré, comme ne l'est peut-être aucun autre métier en France. Il est gouverné par un ministère spécifique, avec des antennes départementales - les Directions Départementales de l'Agriculture (DDA), - une agence d'état pour la régulation des questions du foncier (les SAFER); il existe une Chambre Syndicale par département, et les agriculteurs possèdent un puissant mouvement syndical (le NFSEA). Les différentes productions sont organisées en filières complexes pour assurer la production, la collecte, la transformation, et la distribution depuis l'agriculteur jusqu'aux consommateurs. Si on rajoute à cela les institutions de la Politique Agricole Commune (la PAC), nous sommes en présence d'une énorme machine, face à laquelle le citoyen se sent bien démuni.


Le petit groupe de citoyens Rochois qui ont pris l'initiative de lancer ce débat entre agriculteurs, citoyens/consommateurs et élus observent depuis quelques années le lent déclin de l'agriculture dans la commune: des départs à la retraite non remplacés ou remplacés par un fils en double activité, ce qui signifie que l'exploitation ne permet plus d'en vivre. Du moins les jeunes ne souhaitent pas vivre les difficultés de leurs parents. Cela entraîne la disparition progressive des élevages de vaches laitières à la faveur de la culture des céréales, et la perte en conséquence de la diversité. D'autres départs à la retraite sont en perspective dans les années qui arrivent. La crise très sévère que l'agriculture traverse depuis deux ou trois ans ne fait qu'accentuer tout cela.


Nous souhaitons tout d'abord dire aux agriculteurs que nous en sommes conscients de tout cela, et pensons que la commune perdrait son caractère rural si par malheur l'activité agricole soit réduite à une activité économique annexe ou vienne tout simplement à disparaître. Comme nous sommes attachés au caractère rural de la commune, nous sommes aussi attachés à la présence d'une activité agricole vivante, qui permet d'en vivre, et à des voisins agriculteurs qui sont heureux de faire leur métier. Nous sommes prêts et disposés à travailler avec eux sur l'avenir, sachant que rien n'est simple, que nous ne détenons pas la réponse, et que l'avenir dépend entièrement d'eux.


Pourquoi maintenant? d'abord à cause de la gravité de la crise. Et puis depuis dix, à quinze ans le citoyen consommateur s'intéresse de très près à ce qu'il mange, et à ceux qui le produisent. A travers des échanges avec des agriculteurs, les citoyens/consommateurs se sont dotés d'un certain nombre d'outils institutionnels qui leur permettent d'apporter un réel soutien au-delà des bonnes paroles. Ils se sentent 'justifiés' à apporter leur pierre à l'édifice. Nous avons déjà parlé des AMAP, je voudrais terminer cette série avec quelques mots sur le mouvement Terre de Liens.

Je dis 'mouvement', car Terre de Liens est composé d'une Association Nationale, des Associations Locales, Un GFA - La Foncière Terre de Liens, et une Fondation - Le Fonds, Terre de Liens. Un petit groupe de citoyens, agriculteurs et non agriculteurs, ont décidé à la fin des années 1990 de réagir face à la disparition des terres agricoles, soit convoitées par l'immobilier, soit recouvertes de beton ou de bitume. De même que le nombre d'agriculteurs a fondu depuis 1970, (1.200 00 à cette date, 436 000 aujourd'hui) de même les terres agricoles ont disparu: 160 hectares de terres sont recouverts chaque jour en France de béton ou de bitume, 200 fermes disparaissent chaque semaine en France. Ils ont lancé par étapes dans le temps d'abord un GFA, qui regroupe des actionnaires solidaires qui permettent l'acquisition de fermes et l'installation de paysans; et puis une fondation qui reçoit des dons d'argent ou de fermes de donateurs afin de préserver sur le long terme ce bien commun et précieux q'uest la terre. Terre de Liens, de même que le mouvement des AMAP sera représenté ce vendredi soir au débat sur l'agriculture à Roche.

Pour terminer, je voudrais citer cette phrase d'un jeune agriculteur, enregistrée pendant l'émission 'Ca vous dérange' sur France Inter le 5 août: "Lors que des gens s'intéressent à mon métier, non seulement je ne suis pas gêné, mais j'en suis ravi, car je pense que nous sommes co-responsables de ce qu'il y aura des paysans demain, et que la population mangera des produits de qualité".

Je vous donne rendez-vous demain soir à 20h30 à la Salle d'Animation de Roche pour poursuivre de vive voix ce débat si essentiel à l'avenir de l'agriculture dans notre commune.